Plaidoyer pour le col des Hayes
Plaidoyer pour le col des Hayes

Plaidoyer pour le col des Hayes

Voici ce qui fait la richesse de ce site que nous défendons.

La montagne vosgienne est en partie dégradée par les activités humaines : raréfaction des vieilles futaies, retournement de certaines prairies d’altitude, pollution sonore infernale sur les Crêtes, quads et motos dites « vertes » qui sillonnent sans retenue les sentiers forestiers, changements climatiques… Dans un tel contexte, le col des Hayes et ses environs font partie de ces sanctuaires de vie, de silence et de beauté sans lesquels le massif ne serait plus qu’une montagne artificialisée, banale, donc sans intérêt.

C’est un site qui, pour de nombreux vosgiens et visiteurs, est très précieux. Il fait partie intégrante d’un ensemble plus vaste qui couvre d’autres lieux remarquables, depuis la Croix des Moinats jusqu’au col de Lauvy, un univers de collines, de prairies, de zones humides, de rus et de forêts, qui a une valeur à la fois paysagère, écologique, culturelle, économique et sentimentale.

Espace Naturel Sensible des prairies du col des Hayes, vers le col de Lansau.

Paysagère, car le tourisme et les activités humaines ne l’ont pas trop dégradé. C’est un privilège de plus en plus rare.

Écologique, en raison de ses milieux diversifiés qui offrent des habitats favorables à plusieurs espèces très menacées, telles le Tarier des prés, certains papillons rares et la Gélinotte des bois, laquelle fait l’objet d’un Plan Régional de Sauvegarde.

Culturelle, de par les activités agricoles traditionnelles (pâturage extensif et fenaisons tardives sur certaines parcelles) qui ont façonné durant des siècles des paysages harmonieux en préservant l’essentiel de la biodiversité sauvage.

Quand aux retombées économiques liées à ce site, si elles sont diffuses, elles n’en sont pas pour autant inexistantes. Altérer ce coin de moyenne montagne, ce serait se priver d’une ressource renouvelable à l’infini, liée à l’attrait sans cesse croisant de nos contemporains pour la nature, le calme, la randonnée pédestre…

Photo Gélinotte des bois, observée au col des Hayes.
Gélinotte des bois, présente dans l’Espace Naturel Sensible des prairies du col des Hayes (photo Gilles Gounant)

Enfin, certains parmi nous ressentent pour le col des Hayes et les lieux proches une affection qui dure depuis leur enfance. Ce petit secteur de montagne préservée est un bien précieux qui n’appartient à personne, à aucune époque, à aucune génération et que nous devons par conséquent transmettre en bon état à nos descendants.

Au delà du col des Hayes, c’est l’avenir de tout le massif vosgien qui se joue. C’est aussi l’avenir de la faune et de la flore de chez nous, de tous ces bijoux vivants qui font que notre montagne est si belle, si envoûtante.

Jean-Louis Hans

Jean-Louis Hans est écrivain et ornithologue, membre actif de l’association Oiseaux-Nature avec laquelle il réalise un inventaire naturaliste du col des Hayes.

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